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debate

Faut-il vraiment craindre l'extraction du gaz de schiste ?


L'état actuel des connaissances et de maîtrise des techniques d'extractions permet-il de tenter l’expérience? Ou le risque est-il trop grand ?
Cette ressource est-elle, d'un bout à l'autre de son cycle d'exploitation, moins polluante que le pétrole?
Enfin, l'exploitation d'une telle ressource en Europe est-elle réellement un remède à la crise économique actuelle?


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Opened by Antoine Fournier, Head of ECM, Input and Output management, Zurich Insurance
Dec 13, 2012.



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Henri Clemençon Oil&Gas Geosciences Expert, Teaching, Business Development, HR
Feb 23, 2013

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Les sujets abordés paraissent bien trop complexes pour être abordés dans un débat.
En France, en l'absence d'exploration sur ce thème, le sujet est purement spéculatif.
Une étude est en cours au Gep-Aftp, un organisme qui regroupe le Gep (Groupement des entreprises pétrolières) et l'Aftp (Association Française des Techniciens du Pétrole).
Je vous invite à visiter leur site (http://www.gep-aftp.com et plus particulièrement la page : http://www.gep-aftp.com/secteur/publications-fiche.php?id=869, consacrée aux gaz de schistes). Ceci constitue une première introduction.

Il est regrettable, que, comme sur de nombreux autres sujets, les politiques aient développé un important débat sans qu'une base technique approfondie n'ait été établie et publiée par des personnes compétentes.

Cette ressource, si tant est qu'elle existe, pourrait, comme aux USA, apporter une richesse dont la France a bien besoin aujourd'hui. Pour mémoire, le gaz, qui est en fin de production à Lacq, est un gaz riche en H²S, un gaz très toxique. Sa production se déroule sans problème depuis 1965, grâce aux technologies de purification développées à cet effet.
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Antoine Fournier 67 Antoine Fournier Head of ECM, Input and Output management, Zurich Insurance

Feb 23, 2013
Henri, je comprends que, en tant que spécialiste, vous soyez atterré par les contre-vérités qui sont dites dans le débat actuel sur ce sujet. La passion est les postures politiques n'ont jamais permis une prise de décision juste, mesurée et équilibréE.

Néanmoins, il doit y avoir un moyen d'informer les gens de façon correcte sur les risques d'une méthode d'extraction ou d'une autre (c'est bien de cela dont il s'agit, sans considérer la toxicité du gaz en lui-même), de sorte qu'un consensus soit dégagé sur une prise de risque minimum pour un profit maximum pour la communauté.
Paraphrasant Montaigne, Il n'est pas, selon moi, de concept qui, se concevant bien, ne puisse s'expliquer clairement (vrai également en Dordogne – pays de Montaigne – qui fut agité par un vif débat au sujet de l'extraction du gaz de schiste l'année dernière).
Les habitants des régions concernées devraient pouvoir se faire une idée, auprès d'une autorité indépendante et compétente, des risques réels et supposés de l'exploitation de cette ressource et son impact sur leur vie quotidienne, sans avoir fait les années d'étude nécessaires à la compréhension des publications techniques sur le sujet.

La question est donc : qu'en est-il des avancées sur les procédés d'extraction envisagés : des progrès sont-ils effectués en la matière ? Y a t'il, pour le moment, lieu de s'inquiéter, où les autorités "indépendantes" font-elles déjà partie de notre arsenal juridique afin d'assurer que les précautions seront prises le moment venu ?

A cet égard, la mise en place d'un acheteur unique (l'état) et d'une claire distribution des licences d'exploitation ne permettrait-elle pas une extraction limitée, contrôlée (par une agence indépendante) et sans trop grande concurrence, tant il est vrai que la compétitivité et la sécurité sont bien souvent contradictoire ?

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Henri Clemençon Oil&Gas Geosciences Expert, Teaching, Business Development, HR
Feb 24, 2013

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Antoine,
Merci de votre réponse.
Ce qui me gêne le plus ne sont pas les contre-vérités : les personnes, qui ont travaillé longtemps dans le pétrole comme moi, sont habitués à être prises à parti plus que les autres, du fait de l'importance des budgets mis en jeu, des profits, mais les non-initiés oublient les investissements, les risques industriels, ....

Je ne vous répondrais pas directement sur les procédés d'extraction, que je ne connais pas parfaitement; il y a des gens infiniment plus compétents que moi.

Les pétroliers sont très conscients de l'importance de la sécurité de la préservation de l'environnement; si, par hasard, ils venaient à l'oublier, quelques évènements récents le leur rappelleraient, comme la récente fuite sur le puits de Macondo, pour laquelle BP a provisionné 42 Milliards de dollars. Les pétroliers feront donc tout ce qu'ils pourront pour prévenir ces risques.

Les administrations jouent leur rôle et ont un très fort pouvoir de coercition, au moins dans les pays de l'OCDE, que ce soit au niveau de l'attribution des licences (attribuées par les autorités compétentes), mais aussi pour l'autorisation de forer, le suivi des opérations, les obligations de reporting en matière de pollutions. Dans la plupart des pays, les attributions de licence sont faites par les autorités compétentes, après des appels d'offres ouverts, où les enchérisseurs remettent des propositions de travaux et s'engagent à payer des bonus en échange de l'octroi des licences.

Les processus sont donc clairs et transparents. Difficile d'imaginer que les administrations se font complices. La situation est différente aux USA puisque les propriétaires du terrain en surface sont aussi propriétaires du sous-sol et donc vendent le droit à explorer sur leur terrain et reçoivent une partie des revenus de la production. Il existe bien sûr beaucoup d'organismes de contrôle (tous les forages sont autorisés après remise d'un rapport sur le modus operandi envisagé).

En résumé, il faudrait, en effet, une information aussi exhaustive que possible des citoyens sur les bénéfices et risques d'une éventuelle exploitation d'une hypothétique ressource. Impossible de faire cela comme nous le faisons en ce moment par échange sur un forum. Il y a des mois de travail pour faire une synthèse de l'existant et aller au delà des généralités pour pouvoir rassurer les Français et pouvoir passer à l'action, c'est ce qu'a entrepris le Gep-Aftp.

Au vu de ce qui se passe aujourd'hui, je doute fort que l'on ait pu mettre en production le champ de Lacq si cela se produisait en 2013 au lieu de 1965.
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Henri Clemençon 06 Henri Clemençon Oil&Gas Geosciences Expert, Teaching, Business Development, HR

Feb 27, 2013
Information reçue ce matin:
L’Allemagne va autoriser l’extraction de gaz de schiste, rapporte Le Figaro. Un projet de loi va autoriser la fracturation hydraulique, mais le texte prévoit d’interdire cette technique dans les zones de nappes d’eau potable.